Régime alimentaire pauvre en sel : risques et effets secondaires

Dans la presse quotidienne, on nous recommande souvent de consommer moins de sel. Cependant, la recherche scientifique montre que le passage à un régime alimentaire pauvre en sel n'est pas toujours bon pour la santé, et peut affecter le métabolisme de manière grave et dommageable. En outre, les scientifiques ont enregistré une augmentation du taux de mortalité des personnes ayant une consommation de sel inférieure à la moyenne.

Des scientifiques américains ont voulu avoir des certitudes. Ils ont étudié les habitudes alimentaires de plus de 7000 bénévoles pendant 13 ans pour en savoir plus sur la corrélation entre la consommation de sel (NaCl) et la santé. Cette étude appelée « NHANES II » (Second National Health And Nutrition Examination Survey) distinguait deux groupes d'individus : les personnes ajoutant plus de six grammes de sel à leur nourriture quotidienne, et celles consommant moins de six grammes de NaCl en moyenne par jour.

Il en est très clairement ressorti que le groupe prenant plus de six grammes de sel par jour montrait moins de cas de décès suite à des complications cardio-vasculaires que le groupe suivant le régime alimentaire pauvre en sel. Il est important de noter que les résultats sont les mêmes dans tous les groupes d'âges et de poids. Les habitudes alimentaires et le mode de vie des personnes-test ne constituent pas non plus de facteurs importants. Les résultats se révèlent également sans lien avec la tension artérielle et le taux de cholestérol de l'individu, ou la pratique d'un sport.

Des conclusions analogues ont été tirées en 2007 par des scientifiques du Salt Institute américain. A partir d'une base de données mondiale de patients (« Global Cardiovascular Infobase », Canada), ils ont montré que ces 30 dernières années, le nombre de décès causés par les maladies cardiovasculaires a diminué davantage dans les pays où la consommation de sel a augmenté (aux Etats-Unis, en Angleterre ou en Suède, par exemple) que dans les pays où elle a diminué. Ils sont ainsi allés à l'encontre de la théorie de scientifiques finlandais selon laquelle une réduction de la consommation de sel dans leur pays avait fait diminuer certaines maladies cardio-vasculaires.

Par conséquent, il est douteux qu'un régime alimentaire pauvre en sel soit effectivement bénéfique pour la santé. En effet, il pourrait occasionner des risques considérables et des effets secondaires, notamment en matière de santé cardiovasculaire. C'est un fait avéré que tous les effets métaboliques ne sont pas favorables : par exemple, les lipides sanguins augmentent avec un régime alimentaire pauvre en sel, comme l'a démontré une étude à grande échelle menée pour la Cochrane Collaboration, réseau international de chercheurs. Les médecins ont découvert qu'avec une nette diminution de la consommation de sel, le taux de cholestérol sanguin augmentait de plus de dix milligrammes par décilitre. Dans le même temps, le taux de LDL cholestérol, tenu pour responsable du développement de cardiopathies artérioscléreuses, augmentait de plus de six milligrammes par décilitre.

Il vaut donc mieux être prudent avec les recommandations nutritionnelles telles que « Ayez un régime alimentaire pauvre en sel! » Nous devons évaluer non seulement les avantages potentiels de l'application de ces recommandations, mais aussi leurs risques qui, comme le montre la recherche scientifique actuelle, ne sont pas négligeables.